01
ABYSSE N°6
Pièce proposée par Christèle CADORET,
céramiste
Descriptif
Cette sculpture est issue d’une collection nommée Abysse (n°6/22).
Les argiles utilisées sont naturelles, non teintées. Le grès révèle ses chaudes nuances et la porcelaine sa blancheur par la cuisson haute température.
Elle représente une forme organique en grès, massive et texturée qui évoque une roche volcanique, un fragment de sol ou un récif fossilisé. Sa surface aux tons ocres et terreux, est marquée de cavités, de reliefs irréguliers et d’empreintes qui rappellent l’érosion, le vivant et le temps long.
De cette base minérale émergent des excroissances en porcelaine blanche, fines et lumineuses, semblables à des champignons, des coraux ou des formes végétales. Certaines se dressent verticalement élancées et fragiles, tandis que d’autres s’accrochent à la surface du grès à la façon d’organismes opportunistes.
La blancheur presque translucide de la porcelaine contraste avec la rugosité et évoque ainsi l’impression d’une vie délicate née d’un substrat hostile.
Le globe présenté sur la photo est une suggestion de présentation. Il ne fait pas partie de l’œuvre.
Tarif et spécifications
- Prix : 1000€
- Hauteur : 25 cm
- Diamètre : 20 cm
Matériaux :
- Grès
- Porcelaine
Christèle CADORET, céramiste
- Artisan d’Art
- Lauréate du Concours Ateliers d’Art de France Normandie 2025
- Membre des Ateliers d’Art de France
Installée à Saint-Martin-de-Boscherville en Seine-Maritime, Christèle Cadoret est une céramiste qui puise sa force dans l’observation silencieuse de la nature.
C’est dans son atelier-boutique au nom évocateur, « Le Pavillon des Terres », situé à deux pas de la majestueuse abbaye Saint-Georges, qu’elle façonne la matière pour créer un univers organique suspendu entre le végétal, le minéral et le marin.
Le geste et la matière
Pour Christèle Cadoret, la céramique est un moyen de capturer l’essence des paysages qui l’entourent. Profondément ancrée dans son territoire, elle trouve son inspiration première dans le Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande, avec ses vallées, ses falaises de craie et ses méandres fluviaux.
Son approche technique privilégie le contact charnel avec la terre : elle délaisse le tournage pour le façonnage exclusivement à la main. Cette méthode lente lui permet de « laisser les mains faire leur chemin » et d’instaurer un dialogue tactile avec ses matériaux de prédilection. Elle alterne ainsi entre le grès, travaillé pour son aspect brut, chaud et sa naturalité, et la porcelaine, qu’elle choisit pour sa blancheur immaculée, sa pureté et sa capacité unique à jouer avec la lumière.
Le grès et la porcelaine présentent des comportements très différents ; associer ces argiles constitue un défi à la fois technique et esthétique. Il exige de maîtriser leur plasticité, d’ajuster précisément la température de cuisson et de composer avec leurs retraits respectifs au séchage comme à la cuisson.
Un voyage immobile
Les créations de Christèle Cadoret se lisent comme des invitations à un voyage immobile. Loin de chercher à copier littéralement la nature, elle s’attache à en réinventer les textures et les formes. Ses pièces évoquent tour à tour des écorces, des roches érodées par le temps ou des coquillages, explorant sans cesse la dualité entre l’univers marin et le mystère des sous-bois.
Son travail se distingue par une recherche méticuleuse sur les surfaces, créant des reliefs et des aspérités qui accrochent la lumière et invitent irrésistiblement au toucher.
Excellence et engagement durable
Le talent et la singularité de son œuvre ont été salués par la profession, notamment en 2025, année où elle est désignée Lauréate du concours Ateliers d’Art de France (Région Normandie, catégorie Création) pour sa sculpture « Coque marine ».
Au-delà de l’esthétique, son atelier « Le Pavillon des Terres » incarne une pratique responsable. Labellisé « Valeurs Parc naturel régional » et « Éco-défis », il témoigne de l’engagement de l’artisan pour une gestion respectueuse de l’environnement. Dans cet espace, elle propose une gamme variée allant de la sculpture unique aux objets miniatures poétiques, rendant l’art céramique accessible à tous.
À l’occasion de cette nouvelle édition des Journées Européennes des Métiers d’Art, Christèle Cadoret invitera le public à ralentir le rythme pour découvrir un artisanat du temps long. Elle montrera que le façonnage à la main est une école de patience, où chaque pression du doigt imprime une mémoire dans l’argile.

LE PAVILLON DES TERRES
22, route de l’Abbaye, 76840 Saint-Martin-de-Boscherville
Tél. : 06.40.46.55.30 · eMail : lepavillondesterres@gmail.com
02
DENTELLES DE PIERRE – triptyque
Série de 3 pièces proposée par Marielle OLIVIER,
dentelière contemporaine
Descriptif
La main de l’homme travaille la pierre en motifs aériens et délicats parfois jusqu’à l’extrême. Elle est alors appelée dentelle de pierre. Cependant, la dentelle pourrait-elle émaner de la pierre ? Par leurs racines, les motifs floraux ont puisé leur force dans la pierre pour éclore et montrer leur beauté au monde. C’est l’envol vers la troisième dimension, dimension jusque-là inexplorée pour la dentelle.
Par cette libération, elle trouve son « Équilibre » entre force et délicatesse. Elle démontre sa « Singularité ». La pierre, autrefois inerte, devient vivante racontant une histoire unique. Elle possède une « Fragilité », fragilité apparente qui, en réalité, est une manifestation de la sensibilité de l’artiste et dont les racines se sont nourries de Pierre.
Mes œuvres sont réalisées en matières naturelles de préférence. Pour le triptyque «Dentelles de pierre», ce fil de coton surcyclé fabriqué en France est ainsi sublimé dans mes créations contemporaines.
L’impact environnemental de ma pratique est quasi nul : aucun produit chimique et très peu de déchets voire aucun. Les chutes de fil servent à rembourrer un motif ou peuvent entrer dans la composition des nids des oiseaux par exemple.
Tarif et spécifications
- Prix : 1000€
Titre de la pièce : Dentelle de pierre 1 – Équilibre
Guipure d’Irlande entièrement réalisée à la main, galet ramassé sur une plage du Cotentin entre 2005 et 2010, fil de coton, fil métallique, perles.
Dimensions : (Hauteur) 11 cm (Longueur) 7 cm (Profondeur) 7 cm
Titre de la pièce : Dentelle de pierre 2 – Singularité
Guipure d’Irlande entièrement réalisée à la main, galet ramassé sur une plage du Cotentin entre 2005 et 2010, fil de coton, fil métallique.
Dimensions : (Hauteur) 8 cm (Longueur) 8 cm (Profondeur) 5 cm
Titre de la pièce : Dentelle de Pierre 3 – Fragilité
Guipure d’Irlande entièrement réalisée à la main, fil de coton, fil de fer, galet ramassé sur une plage du Cotentin entre 2005 et 2010.
Dimensions : (Hauteur) 18 cm (Longueur) 10 cm (Profondeur) 5 cm
Marielle OLIVIER, dentelle contemporaine

- Présidente déléguée des Meilleurs Ouvriers de France de Normandie et de Seine-Maritime
- Membre du conseil d’administration de la Société nationale des Meilleurs Ouvriers de France
- Membre de la commission du concours Un des Meilleurs Apprentis de France de la SnMOF
- Membre de la commission communication de la SnMOF
- Meilleure Ouvrière de France 🇫🇷 Dentelles, guipure d’Irlande 2011
- Artisan d’Art
- Artisans d’Avenir
Entre tradition et audace
Armée d’un simple crochet, Marielle Olivier sculpte le vide et emprisonne la lumière dans ses réseaux de fils, portant l’art de la dentelle à son sommet. Consacrée une des Meilleurs Ouvriers de France (MOF), elle est bien plus qu’une dentellière : c’est une véritable architecte du fil. Reconnue pour sa maîtrise technique exceptionnelle, elle renouvelle l’image de la dentelle en la propulsant dans le XXIe siècle, prouvant que cet art séculaire possède une force contemporaine insoupçonnée.
La virtuosité de la « guipure d’Irlande »
Marielle Olivier est la gardienne d’une technique rare et exigeante : la Guipure d’Irlande. Née au XIXe siècle pour rivaliser avec les dentelles vénitiennes, cette pratique se distingue par une économie de moyens qui contraste avec la complexité de son exécution. Contrairement à la dentelle aux fuseaux qui nécessite un métier et de multiples bobines, l’artiste travaille ici avec pour seuls outils un crochet et du fil sur un support de toile. Elle construit ses motifs point par point, héritage du fameux « Point de Venise », créant ainsi un réseau dense et texturé. Ces éléments sont ensuite reliés entre eux par des « brides », de fins fils tendus qui forment l’ossature de l’ouvrage et lui confèrent sa légèreté et son architecture aérienne caractéristiques.
Une vision résolument contemporaine
Loin de se cantonner à la reproduction de modèles anciens, Marielle Olivier utilise son savoir-faire pour créer de véritables sculptures textiles. Sa démarche artistique bouscule les codes par l’introduction de matières innovantes : si elle maîtrise parfaitement le lin et le coton, elle n’hésite pas à y mêler des fils métalliques, des fibres synthétiques ou des éléments naturels pour jouer avec la brillance et la rigidité. Ses créations s’échappent alors du cadre traditionnel pour explorer la troisième dimension. Qu’il s’agisse de bijoux, d’éléments de haute couture ou de panneaux décoratifs, elle travaille les volumes et la transparence, faisant ainsi dialoguer son art avec le design et la sculpture contemporaine.
L’exigence du col bleu-blanc-rouge
Le titre de Meilleur Ouvrier de France atteste d’un niveau de perfection absolu. Cette distinction souligne la précision implacable et la patience infinie que requiert chaque pièce.
Lors des JEMA, Marielle Olivier ne se contentera pas d’exposer ; elle montrera que la main de l’artisan d’art, guidée par le savoir-faire, reste l’outil le plus précis qui soit. Elle invitera le public à observer la naissance d’une dentelle, instant magique où chaque boucle devient une victoire sur le temps et la matière.
MARIELLE OLIVIER
143 Rue Louis Blanc, 76100 Rouen
Tél. : 06 78 02 68 60 · eMail : marielle.olivier.mof@gmail.com
03
LAMPE BOCAGE
Pièce proposée par VILLARD,
ébéniste créateur
Descriptif
« En effet, on dit : « L’oiseau chante dans le bocage », quand ça se passe à la campagne, et : « L’oiseau chante dans une belle cage », quand c’est dans un appartement. Je comprends que les étrangers éprouvent de sérieuses difficultés à apprendre le français. »
Alphonse Allais
J’ai conçu l’objet lumineux « Bocage » comme un jeu autour des thèmes de l’enfermement et de la liberté. Acceptés ou imposés ? Prison ou refuge ? Les cages les plus implacables sont bien souvent celles que l’on ne voit pas.
Le socle est réalisé dans le bois d’un noyer à la chaude couleur brune veinée sombre. Cet bois a une histoire : le noyer qui m’a servi a réaliser cette pièce a été coupé et mis au rebut lors d’un chantier de construction à Gacé (Orne). Presque par hasard, il a été récupéré par une scierie locale qui l’a alors débité avant de le stocker pendant plus de quinze ans.
Cet arbre magnifique avait été oublié lorsque je l’ai découvert et acquis en 2019. Fidèle à mes principes de renouveler et de préserver les essences locales, j’ai replanté chez moi deux jeunes plants de noyers.
Le corps de la lampe s’élève de cette base enracinée via une structure en plexiglas, dont la transparence efface quasi totalement le support matériel. Il n’y a plus de barreaux visibles, transformant la pièce en une véritable « cage de verre ».
À l’intérieur de cet espace paradoxal, à la fois fermé et ouvert, de petits oiseaux en papiers pliés (origami) sont perchés sur une branche fixée entre les parois invisibles. L’œuvre est couronnée par un abat-jour réalisé sur mesure avec un tissu japonais aux motifs végétaux et aviformes, prolongeant ainsi le thème initial de l’oiseau et de son envol.
Le soin du détail va jusqu’à l’électrification qui est rendue invisible, dissimulée dans le seul barreau en bois, à l’arrière de la cage.
Ici, la technique s’efface pour ne laisser place qu’à la poésie. Lorsque la lumière traverse l’abat-jour et la cage transparente, elle ne se contente pas d’éclairer l’espace: elle anime ce « Bocage » intérieur, figeant l’instant éphémère d’un imaginaire envol dans la pérennité d’un objet d’artisanat d’art.
Tarif et spécifications
- Prix : 920 €
- Pied de lampe : 43,5 cm (hauteur) x 16cm x 16cm
- Abat-jour : 40cm x 40cm x 28cm (hauteur)
- Hauteur totale du luminaire : 78,5 cm
- Poids : 6 kg
Matériaux :
- Bois de noyer, plexiglass, acier, tissus en coton japonais.
- Structure métallique de l’abat-jour réalisée aux mesures de l’Atelier Villard par les établissements Carré (28150 Ouarville).
Fabien FERRERI - VILLARD, ébéniste créateur
- Artisan d’Art
- Sélectionné par Homo Faber Guide (Michelangelo Foundation)
- Membre des Ateliers d’Art de France
- Membre des Ateliers d’Art du Perche
« Ouvrir des champs de réflexion sur la relation entre l’objet, l’espace et l’être humain. Explorer les frontières entre le tangible et l’intangible, le passé et le présent, l’individuel et le collectif. Mes créations invitent à se situer dans un continuum où le geste, la pensée et l’émotion se rencontrent. Un lieu, intime et protecteur, où il devient possible de se définir et se redéfinir sans cesse.»
L’Atelier Villard est un atelier d’ébénisterie et de création de mobilier contemporain français, situé au cœur de la ville de Mortagne-au-Perche, dans le département de l’Orne.
Fondé par un artisan passionné, l’Atelier Villard incarne l’alliance subtile entre l’excellence artisanale française et l’esthétique épurée d’un Japon traditionnel, dans une vision résolument contemporaine de l’artisanat d’art.
Spécialisé dans la création de meubles et d’objets uniques et sur mesure, l’Atelier Villard se distingue par son approche innovante du travail du bois, qu’il associe à d’autres matériaux tels que le métal, les papiers japonais « washi » ou les tissus. Ces mélanges audacieux donnent naissance à des pièces à la fois fonctionnelles et poétiques, où chaque détail est pensé pour évoquer élégance et sérénité.
Que ce soit pour des projets personnalisés ou des collaborations avec des designers ou des architectes, l’atelier met son expertise au service de l’esthétique, de la fonctionnalité et de l’émotion.

ATELIER VILLARD
16 rue Sainte Croix · 61400 Mortagne-au-Perche · Tél. 06.38.12.49.52
04
LI
Série de sculptures proposée par Marie-Anne THIEFFRY,
sculpteur de carton
Descriptif
La sculpture Li représente 2 personnages qui dialoguent.
Cette sculpture se déploie en deux pièces distinctes, deux présences qui semblent suspendues dans un dialogue silencieux. Deux personnages, esquissés dans des lignes à la fois sobres et expressives, se rencontrent dans un espace commun.
La notion de partage est au cœur de l’œuvre. Chaque figure semble incomplète sans l’autre, comme si leur sens ne pouvait émerger que dans la relation. La séparation en deux pièces renforce paradoxalement leur solidarité : elles existent individuellement, mais c’est dans leur rapprochement que naît la véritable narration. La sculpture devient alors métaphore du lien humain — fragile, essentiel, construit dans la réciprocité.
Le choix du matériau est fondamental. Réalisée en carton récupéré, l’œuvre élève un déchet au rang de matière noble. Ce carton, destiné à l’oubli, trouve ici une seconde vie. Il porte en lui les traces de son passé — plis, stries, nuances — qui deviennent autant de marques d’histoire et de mémoire. Par ce geste, la sculpture affirme une forme de solidarité élargie : solidarité avec la matière elle-même, avec ce qui est délaissé, transformé, revalorisé.
Techniquement, le carton contrecollé offre à l’ensemble une force graphique affirmée. Les lignes sont nettes, les volumes structurés, presque architecturaux. Cette rigueur formelle ancre les personnages dans une présence tangible. En contraste, la dentelle de carton introduit une dimension plus aérienne et poétique. Les vides, les découpes fines et délicates laissent passer la lumière, créant des jeux d’ombre subtils. Cette alternance entre densité et transparence évoque la complexité du dialogue humain : ce qui est dit et ce qui est tu, ce qui est solide et ce qui est fragile.
Ainsi, l’œuvre conjugue engagement et sensibilité. Elle nous parle de relation, d’écoute et d’entraide, tout en rappelant que la beauté peut naître de ce que l’on considère comme inutile. Dans cette rencontre de deux figures façonnées dans un matériau humble, se dessine une célébration discrète mais puissante du partage et de la solidarité.
Tarif et spécifications
- Prix : 1000€
- Dimensions :
– 40 x 14 x 40 cm
– 40 x 14 x 50 cm
Matériaux :
- Carton de récupération.
Marie-Anne THIEFFRY, scupteur de carton
- Artisan d’Art
- Sélectionné par Homo Faber Guide (Michelangelo Foundation)
- Lauréate fondation Rémy Cointreau
- Membre des Ateliers d’Art de France
- Artisans d’Avenir
Une métamorphose de la matière
Sous les mains de Marie-Anne Thieffry, le carton d’emballage oublie sa fonction éphémère pour acquérir la densité du bois et la douceur du velours. L’artiste a fait le pari audacieux de transmuer un matériau pauvre et quotidien en œuvre pérenne. Dans son atelier, le carton n’est plus un simple emballage voué à la destruction, mais un médium noble offrant des possibilités plastiques insoupçonnées, nous invitant ainsi à porter un regard neuf sur notre environnement immédiat.
Le carton : un choix engagé et esthétique
Le travail de Marie-Anne Thieffry s’inscrit dans une démarche vertueuse de sur-cyclage, ou upcycling. Elle récupère des cartons d’emballage industriel pour leur offrir une seconde vie. Au-delà de l’engagement écologique, ce choix est avant tout esthétique : l’artiste recherche la chaleur des teintes ocres et brunes du papier Kraft, ainsi que la structure interne du matériau qui, une fois travaillé, accroche la lumière de manière unique pour devenir une véritable « dentelle de carton ».
Une esthétique organique
Sous ses doigts, le carton s’éloigne de la rigidité de l’emballage industriel initial pour devenir une matière chaude et sensuelle. Marie-Anne Thieffry privilégie les courbes douces, les formes organiques ou les courbes féminines. Ses sculptures jouent sur le contraste saisissant entre la trivialité du matériau d’origine et la préciosité du résultat final, une finition soignée souvent protégée par un vernis mat qui assure la longévité de l’œuvre.
La métamorphose en direct
Lors des JEMA, Marie-Anne Thieffry proposera une démonstration fascinante de cette transformation de la matière. Les visiteurs pourront observer comment, par un lent travail d’accumulations, de pliages et d’abrasion, une pile de déchets industriels devient une œuvre d’art, changeant définitivement leur perception du modeste carton.
©Julien Cresp
MARIE-ANNE THIEFFRY
Tél. : 06 86 45 50 00 · eMail : marieannethieffry@gmail.com
05
MONOGRAMME PERSONNALISABLE
Pièce proposée par Constance CHARTIER,
brodeuse au fil d’or
Descriptif
Monogramme brodé personnalisé aux initiales du gagnant réalisé selon les techniques ancestrales de broderie d’or. Monogramme comprenant une, deux ou trois lettres entrelacées dessiné par mes soins, la broderie est ensuite réalisée entièrement à la main sur une base de coton et encadrée par un professionnel.
Le gagnant choisit la couleur des fils de coton de fond (bleu, vert, rouge, …) destinés à faire ressortir la broderie et la couleur des matériaux de la broderie (or ou argent).
Tarif et spécifications
- Prix : 1000€
- Longueur : 28 cm
- Largeur : 28 cm
- Poids : 500 gr
Matériaux :
- Tissu en coton écru, fils de fond en coton, cannetille or ou argent mate et frisée, paillettes or ou argent, filet or ou argent, perles or ou argent.
Constance CHARTIER, brodeuse au fil d'or
Brodeuse d’art spécialisée dans la broderie d’or, Constance Chartier incarne une nouvelle génération d’artisans attachés à la transmission des savoir-faire d’exception. Installée en Normandie, elle développe depuis 2024 son Atelier Aurea où la rigueur des gestes anciens dialogue avec une sensibilité contemporaine.
Une formation d’excellence au service du geste
Née à Versailles en 1999, Constance Chartier se forme d’abord au stylisme-modélisme à l’école ESMOD Paris, avec une spécialisation en haute couture. C’est au cours de ce parcours qu’elle découvre la broderie, discipline exigeante qui s’impose rapidement comme une vocation. Elle perfectionne sa technique au crochet de Lunéville auprès de la prestigieuse maison Lesage, où elle apprend la pose minutieuse de perles, paillettes, fils de soie ou plumes sur des étoffes délicates.
La broderie d’or, héritage et transmission
Fascinée par le patrimoine français et les arts décoratifs, Constance Chartier se tourne vers la broderie d’or, un art ancestral longtemps réservé aux bannières, ornements religieux et costumes d’apparat. Désireuse de contribuer à la préservation de cette technique rare, elle se forme auprès de la seule Maître d’art en broderie d’or en France, Sylvie Deschamps à Rochefort-sur-Mer. Elle y acquiert la maîtrise des matériaux emblématiques: cannetille, jaseron, paillettes métalliques et des gestes traditionnels qui permettent de mettre en valeur et rendre tout leur éclat à ces fournitures en or.
Des créations sur mesure pour aujourd’hui
Dans son atelier, Constance Chartier conçoit des pièces uniques, entièrement réalisées à la main. Pour les particuliers, elle crée des armoiries familiales, monogrammes, coussins d’alliances, broches ou projets personnalisés à forte valeur symbolique. Pour les professionnels et les institutions, elle réalise la broderie de logos d’entreprise, blasons de villes, drapeaux régionaux, militaires ou religieux, ainsi que la restauration de pièces anciennes. Chaque réalisation est pensée comme une œuvre durable, où le temps long du geste garantit la noblesse du résultat.
Au cœur des JEMA 2026 à Mortagne-au-Perche
Du 10 au 12 avril 2026, Constance Chartier participera aux Journées Européennes des Métiers d’Art à Mortagne-au-Perche. Cet événement sera l’occasion de découvrir l’envers du décor d’un métier de patience et de précision, d’observer de près cette technique de broderie métallique point après point, et de comprendre comment un savoir-faire séculaire trouve aujourd’hui sa place dans des projets contemporains. Une invitation à rencontrer une brodeuse d’art pour qui la tradition n’est pas un héritage figé, mais une matière vivante, au service de créations uniques et actuelles.

ATELIER AUREA
14130 Saint-André-d’Hébertot
eMail : atelier.aurea.cc@gmail.com
06
TERRES OCRES
Tissage proposé par Manon AUGUSTE, tisserande
Descriptif
Inspiré des terres et arches rocheuses naturelles que l’on rencontre dans les paysages tels que les canyons, ce tissage réalisé à la main sur métier à tisser présente des arches en cuir qui semblent surgir du tissage. Cette pièce se distingue par une structure tridimensionnelle qui rompt avec la planéité traditionnelle du textile. Le volume est obtenu par une technique d’insertion en trame : des bandes de cuir revalorisé sont intégrées au fur et à mesure du tissage, contraintes de se plier en arcs réguliers s’échappant de la surface plane.
La chaîne et la trame mêlent des fibres mates aux teintes naturelles (ocres, bruns, rouille) à des fils scintillants, qui recréent une ambiance plus douce, chaleureuse et feutrée. Les éléments en volume insérés apportent une rigidité structurelle, une texture contrastante lisse, qui amènent à s’approcher et à porter un nouveau regard sur le textile.
Tarif et spécifications
Prix : 1000€
- Longueur : 58 cm
- Largeur : 58 cm
- Epaisseur : 5 cm
Matériaux :
- Cuir revalorisé
- Fils coton
- Lurex
- Rafia
Manon AUGUSTE, tisserande
Manon Auguste est tisserande et designer textile. Elle s’inspire de l’architecture et de ses innombrables façades pour façonner des œuvres textiles uniques.
Elle plie des matières inattendues pour les insérer au fur et à mesure dans ses tissages. Le savoir-faire traditionnel du tissage surgit de sa surface habituellement plane pour se déployer en volume.
Ayant grandi à Caen, puis suivi ses études en Arts Appliqués, son parcours en stylisme, en DMA Broderie et en Licence Pro Mode et hautes technologies lui ont donné envie de développer une démarche textile axée autour du volume et de la lumière.
Son approche lui permet de souligner la préciosité des fils, du savoir-faire mis en lumière et amène, en plus d’un nouveau regard sur les savoir-faire textiles, une nouvelle manière d’illuminer nos espaces.

©Morgane Agostini
MYRIADE STUDIO
Tél. : 06.82.04.21.51 · eMail : manon@myriadestudio.com
07
HORS CADRE
Pièce proposé par Géraldine BESNARD, laqueur
Descriptif
Ce tableau représente un éléphant stylisé, traité dans une esthétique mêlant naturalisme et abstraction. L’animal apparaît en tons bruns, beiges et noirs, modelé par des effets de matière qui évoquent parfaitement le travail de la laque vernis gras: superpositions, transparences, reliefs subtils et profondeur visuelle, brillance.
L’éléphant se détache sur un fond noir laque, il est en hors champs lui donnant encore plus de relief par rapport au centre. Il semble sortir du cadre, cet effet est accentué par la ciselure de ses contours rappelant un esprit de croquis dynamique. Le fond est travaillé avec des carrés de feuilles de cuivre. La feuille de cuivre, légèrement texturée, par une oxydation naturelle, capte la lumière et donne au tableau une présence vibrante. Ce contraste entre le cuivre lumineux et la profondeur du noir crée un effet de halo précieux autour de la silhouette, renforçant la dimension sacrée, presque totemique, de l’animal.
L’ensemble dégage une impression de force tranquille et de noblesse, portée par la majesté de l’éléphant et la richesse des matériaux. Le tableau joue sur la dualité : relief / planéité, aplat / texture, ombre / lumière.
Tarif et spécifications
- Longueur :8 0 cm
- Largeur : 80 cm
Matériaux :
- laque vernis gras sur bois
- feuille de cuivre
pose de feuille cuivre, oxydation
ciselure
Géraldine BESNARD, laqueur
Installée à Sainte-Scolasse-sur-Sarthe (Orne), Géraldine Besnard est un laqueur de talent qui a fait de la surprise son maître-mot. À travers son atelier « Laque Émoi », elle explore les infinies possibilités de cette matière exigeante, travaillant par strates pour offrir aux objets une profondeur et une vibration uniques.
L'expertise de Géraldine Besnard repose sur une double formation artistique et technique de haut niveau. Après les Beaux-Arts d'Angers en architecture design, elle se spécialise à la prestigieuse ENSAAMA Olivier de Serres à Paris, dont elle sort diplômée avec les félicitations du jury. Son savoir-faire s'est forgé au sein des plus grands ateliers parisiens : la création de décors chez Midavaine et la restauration de pièces anciennes à l’Atelier Brugier. Après une parenthèse dédiée à l'enseignement, elle rouvre pleinement son atelier en Normandie en 2019, renouant avec la liberté de la création personnelle.
Pour Géraldine, la laque est une matière vivante. C'est un dialogue constant entre la maîtrise technique et l'aléatoire. Elle compare souvent l'étape du ponçage à l'ouverture d'un cadeau : « Comme si c’était Noël ! ». C'est en effet sous l'abrasif que se révèlent les effets de matières enfouis sous les couches successives. Dans sa pratique contemporaine, elle mêle techniques traditionnelles et expérimentations audacieuses : projection de poudres métalliques (or, argent, cuivre), souffle à la paille ou glissements contrôlés. Elle joue avec les transparences et les densités pour créer des surfaces cosmiques ou minérales.
L'univers de Géraldine Besnard se décline en séries marquantes, fruits de sa curiosité et de ses collaborations. Dans « L'éveil des sens », née d'un échange avec le maître pipier Pierre Voisin, elle habille le bois de bruyère de laque pour transformer cet objet usuel en œuvre tactile. Elle explore également une veine plus poétique avec « Crâne et compagnie », offrant une parure inédite à des crânes d'animaux ; loin de toute démarche morbide, elle y emploie la laque de coquille d'œuf et la dorure pour honorer l'animal et sublimer la forme brute par la beauté du geste. Enfin, sa série « Poudres et compagnie » marque une exploration audacieuse où l’artisan d’art propulse la matière pour créer des textures vibrantes, s'affranchissant ainsi des codes classiques de la laque lisse.

LAQUE EMOI
2, La Radouillerie, 61170 Sainte Scolasse sur Sarthe
Tél. : 06.20.65.20.57 · eMail : geraldinebesnard61@gmail.com
08
BUBBLE FLORE
Série de 3 pièces proposée par Sylvain FEZZOLI,
céramiste
Descriptif
Bubble Flore est née d’une fascination pour les formes discrètes du vivant, celles que l’on découvre lentement, dans le silence des profondeurs ou à la surface des choses simples.
Modelée en porcelaine translucide et posée sur un socle en grès noir, chaque pièce évoque une flore minérale, fragile et lumineuse, comme un fragment de paysage intérieur. Les volumes se déploient librement, sans symétrie parfaite, guidés par le geste et la matière.
À la lumière du jour, Bubble Flore révèle la douceur mate de la porcelaine, ses textures délicates, ses reliefs irréguliers. Lorsque la nuit tombe, une lueur chaude apparaît en son cœur et traverse la matière, révélant une présence douce, presque respirante.
Chaque objet est façonné entièrement à la main dans mon atelier en Normandie.
Aucune pièce ne se ressemble tout à fait. Les formes varient, la lumière change, les détails s’inventent à chaque cuisson.
Bubble Flore est pensée comme un objet à vivre, à regarder, à apprivoiser. Un objet lumineux qui ne cherche pas à s’imposer, mais à accompagner les espaces avec discrétion, poésie et profondeur.
Bubbleflore a été primé en 2018 du second prix créateur du luminaire du GiL – Syndicat du luminaire et Ateliers d’Art de France.
Tarif et spécifications
- Prix : 1000€
- Pièce n°1 : Ø 8 cm x 7 cm (hauteur)
- Pièce n°2 & 3 : Ø 10 cm x 7 cm (hauteur)
Matériaux :
- Corps en grès noir et porcelaine blanche
- Alimentation sur secteur 9V
Pièces modulables dans l’espace, chacune électrifié en basse tension indépendamment.
Sylvain FEZZOLI, céramiste
- Artisan d’Art
- Lauréat du Concours Ateliers d’Art de France Normandie 2018
- 1er Prix Artisan Créateur de Lumière 2021. GIL – Syndicat du luminaire et Ateliers d’Art de France
- Lauréat fondation Rémy Cointreau
- Membre des Ateliers d’Art de France
- Sélectionné par Homo Faber Guide (Michelangelo Foundation)
- Artisans d’Avenir
Créateur de luminaires et d’objets décoratifs en porcelaine. J’utilise les propriétés particulières de cette céramique pour créer des pièces fines et translucides à la lumière. La recherche de formes élégantes inspirées par la nature confère à mes pièces un caractère original et intemporel.
Avec la porcelaine j’évoque la beauté de la nature à travers mes créations. La luminosité de la porcelaine est douce, elle crée une ambiance apaisante dans un intérieur.
L’Atelier sur la Rivière
C’est en Normandie que j’ai choisi d’installer mon atelier de céramique. J’ai créé mon atelier dans une vieille grange augeronne dans un coin de nature au bord d’une petite rivière. L’atelier sur la rivière était né.
Eternel passionné de la beauté de la nature et de la lumière, mon travail de céramiste s’est naturellement dirigé vers des formes florales, inspirés de la nature sans vraiment la copier. De toutes les argiles, c’est la porcelaine qui s’est imposée à moi, permettant par sa translucidité naturelle de jouer avec la lumière des lampes que je confectionne.
Matière et savoir-faire
Dans mon atelier, je fabrique entièrement mes pièces en modelant les formes à l’aide d’outils en bois. Une ligne après l’autre, la porcelaine prend vie et révèle sa forme, à chaque fois différente, unique et harmonieuse. La porcelaine, matière vivante, choisira par elle-même son galbe et sa rondeur, fixée dès lors, et à tout jamais, par le séchage, puis le passage à l’épreuve du feu.
Mon travail s’inscrit dans une démarche de développement durable. Mes pièces sont réalisées à partir de matériaux naturels que sont la porcelaine, l‘argile, le bois et des fibres naturelles.

©Frederic Grimaud
ATELIER SUR LA RIVIÈRE
5 rue du Pont Romain, 14620 Morteaux Couliboeuf
Tél. : 06.86.88.84.43 · eMail : ateliersurlariviere@orange.fr
09
CRUSCULUM
Pièce proposée par Yaguel LE GALL, souffleur de verre
Descriptif
Ce verre à pied en verre noir irisé, à la surface texturée, détourne un objet du quotidien de sa fonction attendue. La coupe et le pied, sombres et presque métalliques, s’éloignent du cristal traditionnel malgré des formes familières. La jambe anthropomorphe introduit une présence charnelle qui fait basculer l’objet dans une zone ambiguë, entre usage et sculpture, élégance et trouble.
Tarif et spécifications
- Prix : 970 €
- Dimensions : environ 35cm (hauteur)
Matériaux :
- Verre soufflé / sculpté
Yaguel LE GALL, souffleur de verre
Installé à La Chapelle-Montligeon, Yaguel Le Gall façonne la matière en fusion avec une exigence rare. Formé à l’école de l’île de Murano, près de Venise, cet artisan de 30 ans a importé dans le Perche l’excellence du savoir-faire verrier italien. Dans son atelier, le four est le cœur battant de l’activité, maintenant une chaleur constante de 1 100 degrés indispensable pour conserver la silice dans son état idéal : une matière semblable à du miel, vivante et malléable, prête à être travaillée.
Le travail de Yaguel Le Gall est une course contre la montre, un mouvement perpétuel entre le banc de travail et le four. Héritier d’une gestuelle immuable, il manipule des outils qui ont traversé les âges, tels que les fers à trancher, inchangés depuis l’Antiquité, ou les mouillettes, ces simples journaux mouillés qui lui permettent de façonner la matière brûlante. Armé de sa canne à souffler et de ses ciseaux ronds, il étire, coupe et sculpte le verre, jouant avec la gravité et le souffle pour transformer une masse informe en une bulle d’une finesse cristalline.
L’artisan d’art excelle également dans l’art délicat de la coloration. Il plonge la matière en fusion dans des éclats de verre pilé pour lui donner ses teintes vibrantes, du rouge orangé aux transparences les plus subtiles. Mais la création ne s’arrête pas au façonnage : pour éviter le choc thermique, fatal à cette matière sensible aux écarts de température, chaque pièce doit subir une cuisson lente à 500 degrés, une nuit durant, pour assurer sa solidité.
Pour les JEMA, Yaguel Le Gall nous ouvrira les portes de cet univers fascinant. Il invitera le public à découvrir la magie de la transformation, où le souffle de l’artisan donne vie à la matière inerte. Plus qu’une démonstration, c’est une initiation à la fragilité et à la beauté du verre, rappelant que derrière chaque objet, qu’il s’agisse d’une simple boule de Noël ou d’une pièce complexe, se cachent la maîtrise du feu et la précision du geste.
Source : Vincent Guerrier – LE PERCHE

IGNIS
Tél. : 07.81.29.96.47 · eMail : ignis.vitrum@gmail.com
10
GRANDE BOUGIE PARFUMÉE « Savoir-Faire »
Pièce proposée en collaboration par BERRY PARFUMS et Elsa DINERSTEIN, céramiste
Descriptif
Lors de la France Design Week, la Maison Berry a dévoilé « Savoir-faire », une création olfactive qui capture l’essence même de l’acte de création : l’odeur du geste et de la matière travaillée. Pour l’incarner, une collaboration inédite voit le jour avec la céramiste Elsa Dinerstein. Elle façonne le diffuseur à parfum, ainsi que les pots à bougie, selon sa technique des « terres métissées », donnant naissance à des œuvres texturées, sensibles, en résonance directe avec la fragrance. Le contenant devient prolongement du sens.
Créée pour l’occasion par Elsa Dinerstein, le contenant de cette bougie sera une pièce en « terres métissées » (grès et porcelaine) accueillant une bougie au parfum « savoir-faire ».
La contenance sera de 2 kg de cire.
Cet objet d’artisanat d’art sera numéroté « 1 » et fera partie d’une série de 12 exemplaires.
Tarif et spécifications
- Prix : 1000 €
- Pièce : n°1 / 12
Matériaux :
- Contenant en céramique en « terres métissées » (porcelaine & grès), façonné à la main.
- Cire naturelle.
- Fragrance : Savoir-faire by Berry Parfum
- Poids : environ 2 kg (hors poids pot)
MAISON PARFUMS BERRY, Cécile VIALLA
Du territoire à l’au-delà.
Berry Parfum ouvre un souffle nouveau, façonné par la main et le temps.
Cécile Vialla est une figure incomparable de l’entrepreneuriat rouennais. Son parcours ? Atypique. Des ressources humaines à l’aérien, elle a tout quitté pour l’univers de la Haute Parfumerie. Avec son époux Charles Berry, cette « agitatrice en idées parfumées » souhaitait renouer avec ses racines. Ensemble, ils lancent une aventure olfactive unique en Normandie.
Tout commence rue Damiette, à Rouen. Après avoir révélé des créateurs indépendants dans leur boutique, ils fondent Berry Parfum. Leur ambition est claire : « mettre la Normandie en flacons ». La marque incarne l’exigence de la parfumerie française, alliant matières premières d’exception, circuits courts et engagement social, confiant notamment son conditionnement à des établissements et services d’accompagnement par le travail (ESAT) normands.
Le parfum y est pensé comme un acte de révélation, fidèle à la matière, au geste et au temps long. Cette recherche prend corps à travers Olfactive ID by Berry, procédé de captation et de restitution de l’identité olfactive des lieux et des matières. Prouesse technique élaborée avec l’Université de Rouen, capture l’atmosphère de la crypte (encens, pierre froide) grâce à des analyses moléculaires.
Cathédrale de Rouen, œuvre emblématique, en constitue l’une des premières expressions : une lecture sensible de l’édifice, où la pierre, la lumière et le silence dialoguent avec l’héritage impressionniste.
Cette démarche se prolonge avec L’Eau de Lin, création pionnière issue de la fibre de lin normande. La fleur de lin, par nature, ne possède pas d’odeur : c’est précisément cette absence qui ouvre un champ de recherche inédit. À partir de cette matière silencieuse, Berry Parfum révèle une identité olfactive enfouie, entre science, matière et geste artisanal, dans une attention constante portée à la transformation de la matière et à la transmission des savoir-faire.
L’innovation artistique est également au cœur de la démarche. Lors de la France Design Week, la Maison dévoile Savoir-faire, une création olfactive qui capture l’essence même de l’acte de création : l’odeur du geste et de la matière travaillée. Pour l’incarner, une collaboration inédite voit le jour avec la céramiste Elsa Dinerstein. Elle réalise un diffuseur à parfum, ainsi que des pots à bougies, selon sa technique des « terres métissées », donnant naissance à une œuvre texturée, sensible, en résonance directe avec la fragrance, où le contenant devient prolongement du sens.
Le travail de Berry Parfum entretient un dialogue étroit avec l’histoire de l’art et le territoire, notamment dans le cadre de Normandie Impressionnisme. La lumière, la perception, le paysage et le mouvement deviennent des écritures olfactives à part entière. C’est dans cette continuité qu’est pensée la collection Centifolia Impressionnée : cinq parfums composés à partir de l’extrait précieux de rose centifolia, conçus comme une interprétation olfactive de l’impressionnisme. Ils traduisent une recherche de vibration, de nuance et de sensation fugace, faisant du parfum un art du temps et de la perception.
Dans cette dynamique s’inscrit Portraits, un projet narratif et olfactif au long cours. Il débute avec Jeanne d’Arc, figure fondatrice, se prolonge avec Madame Bovary, incarnation littéraire et sensible de la Normandie, et s’ouvre à de nouvelles figures. À l’horizon 2027, dans le cadre du Millenium, projet officiellement labellisé, Portraits s’élargit : la Reine Mathilde rejoint cette constellation, aux côtés d’autres figures féminines et historiques. Il ne s’agit pas d’icônes figées, mais de paysages intérieurs, traversés par l’histoire, la fiction et la résonance intime.
Cette vision trouve un prolongement naturel dans Corpo35, dispositif d’édition et de transmission dédié à la révélation de nouveaux parfumeurs et à la défense du parfum d’auteur.
À la croisée de l’art, de la science et du territoire, Berry Parfum trace une sillage singulier : un luxe du sens, incarné et moderne, ouvert et sensible, où le parfum devient une expérience intérieure, un passage.

MAISON PARFUMS BERRY
35 Rue Damiette, 76000 Rouen
Tél. : 06.82.84.45 63
Elsa DINERSTEIN, céramiste
- Artisan d'Art
- Membre des Ateliers d'Art de France
- Sélectionné par Homo Faber Guide (Michelangelo Foundation)
Elsa Dinerstein est une artisan d'art céramiste qui cultive, depuis trente ans, un lien passionnel avec la matière. Son atelier est aujourd'hui installé en Normandie, au Vaudreuil, au cœur de l'effervescence créative des Ateliers Saint Cyr.Diplômée de l'ENSAAMA et riche des enseignements d'écoles prestigieuses comme Boulle, elle ne cesse de perfectionner son art. L'approche d'Elsa Dinerstein se distingue par une quête permanente de mouvement et de sensorialité. Pour elle, la surface d'une pièce ne se limite pas à sa fonction ; elle s'envisage comme un paysage où les émaux, les couleurs et les transparences se répondent. Cette maîtrise technique lui offre une liberté totale, oscillant entre l'extrême rigueur du détail et la spontanéité du geste. À travers ses séries « Picturales » ou ses « Peintures de Porcelaine », elle remet constamment en question les procédés traditionnels pour offrir des céramiques délicates, conçues dans le respect de l'environnement et des valeurs humaines.
Loin de la production de masse, Elsa privilégie ainsi le « slow design » et sculpte des pièces uniques où l'usage devient une expérience. Sa signature technique réside notamment dans les « Terres métisses », un audacieux mariage de porcelaine et de grès qui bouscule les codes établis.
Ce dialogue constant avec la matière a donné naissance à une collaboration inédite lors de la France Design Week. Elsa Dinerstein s'est associée à la Maison Parfums Berry, une institution rouennaise de Haute Parfumerie dirigée par Cécile Vialla et Charles Berry, reconnue pour ses créations inspirées du patrimoine normand.
Ensemble, elles ont dévoilé « Savoir-faire », une fragrance qui capture l'essence même de la création : l'odeur du geste, la poussière de l'atelier et l'énergie du travail manuel. Pour incarner ce sillage, la céramiste a conçu diffuseur et pots à bougies comme de véritables œuvres d'art originales. Bien plus qu'un simple contenant, ces objets (texturés) - alliage improbable de terres aux caractéristiques hétérogènes - entrent en résonance directe avec le parfum. Cette rencontre célèbre l'union de deux savoir-faire d'exception, où les accords olfactifs et (la terre cuite) les terres vitrifiées se mêlent pour inviter à une redécouverte du geste artisanal.

ATELIER ELSA DINERSTEIN
Les ateliers St Cyr · 28 rue Arthur Papavoine · 27100 Le Vaudreuil
eMail : contact@atelier-elsa-dinerstein.fr
11
LAMPADAIRE JONAH
Pièce proposée par Marie-Pierre LEDUC, abat-jouriste
Descriptif
J’ai créé le lampadaire Jonah pour les JEMA 2026.
Jonah signifie « colombe » en hébreu.
Jonah unit les deux grandes techniques de la fabrication d’abat-jour :
- la technique de la couture pour un abat-jour froncé et doublé, monté à la main ;
- la technique du contrecollé pour le pied, où le textile est marouflé sur un polyphane adhésif.
L’abat-jour se prête à toutes les fantaisies mais on peut choisir également l’épure d’une forme simple, et lui associer des matières, des motifs et des coloris doux et joyeux, comme c’est le cas pour Jonah.
Tarif et spécifications
- Prix : 1000 €
- Hauteur : 120 cm
- Diamètre de l’abat-jour : 50cm
Matériaux :
- Structure :
- Carcasse en métal de l’entreprise Ets Carré (Entreprise du Patrimoine Vivant, France).
- Textiles :
- Pur coton OEKO-TEX de la maison Thevenon 1908, design Inkfabrik (France).
- Pur doupion de soie de la maison Belinac (France).
- Voile en lin mélangé.
- Autres matériaux :
- Polyphane.
- Fournitures pour le montage électrique.
Marie-Pierre LEDUC, abat-jouriste
Installée au cœur de Mortagne-au-Perche, Marie-Pierre Leduc exerce un métier rare et exigeant : elle est abat-jouriste. Dans son atelier, elle ne se contente pas de couvrir des ampoules ; elle conçoit des parures sur-mesure qui filtrent, tamisent et dirigent la lumière, pour la transformer en une atmosphère chaleureuse.
Un savoir-faire de haute précision
Le métier de l’abat-jouriste se situe à la frontière entre la décoration et la couture. Marie-Pierre Leduc pratique avec une égale gourmandise les deux grandes familles de techniques qui font la noblesse de ce métier : la couture sur armature et le contrecollé.
La couture sur armature est la technique traditionnelle par excellence : le tissu est tendu, plissé ou froncé directement sur la carcasse métallique ajusté puis principalement cousu à la main. La technique du contrecollé, plus récente, demande un travail rigoureux où textiles ou papiers sont collés sur une feuille de polyphane rigide, méthode idéale pour obtenir des lignes pures et contemporaines.
Donner une seconde vie aux objets
La démarche de Marie-Pierre Leduc est marquée par la notion de transmission et de renouveau. Elle peut être sollicitée pour refaire d'anciens abat-jour à l'identique ou moderniser des luminaires anciens. En adaptant la forme et le tissu de l'abat-jour, elle parvient à changer radicalement le style d'une lampe pour l'inscrire dans une décoration actuelle.
Sculpter l'espace par la lumière
Pour Marie-Pierre Leduc, la fabrication d'un abat-jour sur-mesure résulte d'un échange. Elle questionne sur le type de lumière recherché : l'éclairage plafonnant d'une pièce ? La douce lumière d'une lampe de chevet ? En jouant avec les formes, les couleurs et les textures, il est possible de sculpter l'espace par la lumière.
À l'occasion des JEMA 2026, Marie-Pierre Leduc ouvrira les portes de son univers à Mortagne-au-Perche pour présenter les étapes de fabrication, du gabarit à la pose du galon, révélant la géométrie précise derrière la simplicité apparente d'un cône ou d'un cylindre.
L'ECLAIRCIE
31 rue des Quinze-Fusillés · 61400 Mortagne-au-Perche · eMail : contact@leclaircie-creations.com
Méthode de notation :
La notation se fait sur un total de 100 points.
Elle est divisée en 4 critères d’importance pondérée.
Rappel des barèmes (indicatif dans le cas d’une notation sur 20) :
0 à 5 : Insuffisant / Débutant
6 à 10 : Moyen / Correct
11 à 15 : Bon / Maîtrisé
16 à 20 : Excellent / Exceptionnel (Niveau MOF)
CRITÈRE 1 : EXCELLENCE TECHNIQUE & SAVOIR-FAIRE (40 points)
C’est le cœur des métiers d’art. La pièce doit témoigner d’une maîtrise du geste et du savoir-faire.
- 1.1. Maîtrise du geste et précision (20 pts) :
- La qualité d’exécution est-elle irréprochable ?
- Les finitions sont-elles soignées (ponçage, assemblages, coutures, émaillage, etc.) ?
Note : 0 = Défauts visibles / 20 = Perfection technique.
- 1.2. Complexité et défi technique (10 pts) :
- La pièce a-t-elle nécessité des techniques rares, complexes ou une prise de risque ?
- L’artisan d’art dépasse-t-il sa zone de confort habituelle ?
- 1.3. Respect de la matière (10 pts) :
- La technique utilisée sublime-t-elle le matériau choisi ?
CRITÈRE 2 : INTENTION ARTISTIQUE & NARRATION (30 points)
La pièce doit dépasser la simple fonction ou la technique pure pour susciter une émotion.
- 2.1. Singularité et originalité (5 pts) :
- La pièce possède-t-elle une « patte », une signature propre à l’artisan ?
- Se démarque-t-elle du « déjà-vu » ? Est-elle créative ?
- 2.2. Qualité esthétique et émotionnelle (5 pts) :
- L’objet est-il beau ? Suscite-t-il une émotion immédiate (l’effet « wow ») ?
- L’harmonie des formes, des couleurs et des matières est-elle réussie ?
- 2.3. Cohérence du discours (20 pts) :
- La note d’intention fournie par l’artisan est-elle claire ?
- La pièce réalisée est-elle la traduction fidèle de cette intention ? Il y a-t-il une histoire derrière l’objet ?
CRITÈRE 3 : DÉMARCHE ÉCO-RESPONSABLE & ÉTHIQUE (20 points)
Un critère incontournable aujourd’hui, qui ancre les JEMA dans leur époque.
- 3.1. Choix des matériaux (10 pts) :
- Les matériaux sont-ils biosourcés, locaux, recyclés ou issus du réemploi (« surcyclage » ou réemploi valorisant) ?
- L’artisan justifie-t-il la provenance de ses matières premières ?
3.2. Procédés de fabrication vertueux (10 pts) :
- L’artisan minimise-t-il son impact (gestion des ressources, des déchets, consommation d’eau/énergie, utilisation de produits non toxiques)
CRITÈRE 4 : POTENTIEL « GROS LOT » & INCARNATION DE L’ÉVÉNEMENT (10 points)
Critère pragmatique : cette pièce est destinée à être gagnée par un visiteur (potentiellement néophyte).
4.1. Désirabilité « Grand Public » et format (5 pts) :
- Est-ce un objet que l’on a envie de gagner et d’exposer chez soi ? (Il faut éviter les pièces trop conceptuelles, trop clivantes ou trop encombrantes).
- Le format est-il adapté pour être transporté par le gagnant ?
4.2. Représentativité de l’image des JEMA à Mortagne (5 pts) :
- La pièce incarne-t-elle bien l’image d’excellence de l’événement JEMA Mortagne ?



