Les artisans d’art présents à l’Hôtel des Tailles

Le lieu

, Mortagne Hôtel des Tailles

9, rue des Tailles · 61400 Mortagne-au-Perche

Maison particulière

Hôtel du receveur des tailles, construit au XVIIe siècle et complétement transformé au XVIIIe siècle.

L’accès à la cour d’honneur se fait par un grand porche comportant deux pilastres latéraux qui soutiennent une grande arcade plein cintre. Un mur de clôture part du porche pour rejoindre les deux pavillons d’accompagnement rectangulaires, alignés de chaque côté de la cour.

La façade de la demeure présente une ornementation qui rappelle l’architecture autrichienne du XVIIIe siècle, parti exceptionnel en Normandie.
La façade arrière semble avoir gardé l’ordonnance de l’ancien hôtel du XVIIe siècle.

A l’intérieur, le grand salon s’orne de boiseries du XVIIIe, avec des dessus de portes peints représentant des amours. Les panneaux de la salle à manger sont garnis de toiles décoratives représentant des natures mortes.

Source : Vincent Lebel – Association Mortagne Patrimoine

Marielle OLIVIER, dentelle contemporaine

Entre tradition et audace

Armée d'un simple crochet, Marielle Olivier sculpte le vide et emprisonne la lumière dans ses réseaux de fils, portant l'art de la dentelle à son sommet. Consacrée une des Meilleurs Ouvriers de France (MOF), elle est bien plus qu'une dentellière : c’est une véritable architecte du fil. Reconnue pour sa maîtrise technique exceptionnelle, elle renouvelle l'image de la dentelle en la propulsant dans le XXIe siècle, prouvant que cet art séculaire possède une force contemporaine insoupçonnée.

La virtuosité de la « guipure d'Irlande »

Marielle Olivier est la gardienne d'une technique rare et exigeante : la Guipure d'Irlande. Née au XIXe siècle pour rivaliser avec les dentelles vénitiennes, cette pratique se distingue par une économie de moyens qui contraste avec la complexité de son exécution. Contrairement à la dentelle aux fuseaux qui nécessite un métier et de multiples bobines, l'artiste travaille ici avec pour seuls outils un crochet et du fil sur un support de toile. Elle construit ses motifs point par point, héritage du fameux « Point de Venise », créant ainsi un réseau dense et texturé. Ces éléments sont ensuite reliés entre eux par des « brides », de fins fils tendus qui forment l'ossature de l'ouvrage et lui confèrent sa légèreté et son architecture aérienne caractéristiques.

Une vision résolument contemporaine

Loin de se cantonner à la reproduction de modèles anciens, Marielle Olivier utilise son savoir-faire pour créer de véritables sculptures textiles. Sa démarche artistique bouscule les codes par l'introduction de matières innovantes : si elle maîtrise parfaitement le lin et le coton, elle n'hésite pas à y mêler des fils métalliques, des fibres synthétiques ou des éléments naturels pour jouer avec la brillance et la rigidité. Ses créations s'échappent alors du cadre traditionnel pour explorer la troisième dimension. Qu'il s'agisse de bijoux, d'éléments de haute couture ou de panneaux décoratifs, elle travaille les volumes et la transparence, faisant ainsi dialoguer son art avec le design et la sculpture contemporaine.

L'exigence du col bleu-blanc-rouge

Le titre de Meilleur Ouvrier de France atteste d'un niveau de perfection absolu. Cette distinction souligne la précision implacable et la patience infinie que requiert chaque pièce.

Lors des JEMA, Marielle Olivier ne se contentera pas d'exposer ; elle montrera que la main de l’artisan d’art, guidée par le savoir-faire, reste l'outil le plus précis qui soit. Elle invitera le public à observer la naissance d'une dentelle, instant magique où chaque boucle devient une victoire sur le temps et la matière.

Marielle Olivier, Dentellière contemporaine MOFMARIELLE OLIVIER
143 Rue Louis Blanc, 76100 Rouen
Tél. : 06 78 02 68 60 · eMail : marielle.olivier.mof@gmail.com

 

 

Amandine STECK, Maître verrier

Installée à Honfleur, Amandine Steck a fait de son atelier, « L'Amande et l'Obsidienne », un carrefour entre le patrimoine normand et l'esthétique extrême-orientale. Maître verrier au parcours singulier, elle incarne une vision du vitrail qui dépasse la simple technique pour devenir une philosophie de la lumière.

De la gravure au verre : l'exigence du trait

Si l'étincelle est née face aux rosaces de la cathédrale de Chartres durant son enfance, le chemin d'Amandine Steck est celui d'une artisane d’art complète. Elle a commencé par expérimenter la gravure et la photographie argentique avant de se former à la peinture sur verre. C'est sa maîtrise du dessin qui fait aujourd'hui sa force : pour elle, le vitrail est une œuvre graphique avant d'être un assemblage. Elle manie la grisaille (peinture sur verre cuite au four) avec la précision d'un graveur, apportant modelé et profondeur à ses pièces, là où d'autres se contentent de la couleur du verre.

Une émotion lumineuse au pays du soleil levant : komorebi

L'identité artistique d'Amandine s’est façonnée très tôt autour d’une inspiration japonaise, à l’image des impressionnistes et des créateurs de l’Art Nouveau, avant même de fouler le sol du pays du soleil levant. Ses voyages ultérieurs au Japon ont pris la forme de retrouvailles. Non pas une révélation, mais la confirmation douce d’une intuition ancienne : ce rapport subtil à la lumière, la valeur accordée à la simplicité et à la pénombre habitée. De Tokyo à Honfleur, elle a rapporté cette sensibilité pour les ambiances tamisées et apaisantes. De cette résonance intime naissent aujourd’hui des créations contemporaines où les jeux d’opacité, de matière et de lumière filtrée invitent à la contemplation, privilégiant la douceur à l’éclat, gardant le temps en suspens.

Un savoir-faire ancestral et vivant

Depuis 2014, elle dirige son atelier à Honfleur où elle travaille sur deux axes complémentaires. D'une part, la restauration patrimoniale où, telle une gardienne du temple, elle rénove les vitraux des églises normandes et des monuments historiques en respectant scrupuleusement les techniques traditionnelles et le protocole de restauration du LRMH. D'autre part, la création contemporaine à travers laquelle elle conçoit des vitraux uniques et sur mesure pour des intérieurs privés, comme des éléments de design moderne. Ses motifs, souvent inspirés de la nature ou de ses voyages, s'intègrent à l'architecture d'aujourd'hui sans jamais la saturer.

Au cœur des JEMA

Pour les Journées Européennes des Métiers d'Art, Amandine Steck proposera une immersion dans cet univers hybride. Elle montrera que le vitrail n'est pas un art figé dans le passé, mais une matière vivante. Le public pourra observer la découpe du verre, le sertissage au plomb, et surtout comprendre comment elle parvient à manipuler la lumière pour raconter des histoires, d'ici et d'ailleurs.

Amandine Steck, Maître Verrier

AMANDINE STECK
Tél. : 06.72.20.57.01 · eMail : vitraux.honfleur@etik.com