Les artisans d’art présents à l’Hôtel de Puisaye
Le lieu
Hôtel de Puisaye
Logis de Marguerite de Lorraine, Musée Alain
48, rue des Quinze-Fusillés
Sur cet emplacement proche de la Porte de Paris, en bordure de la Grand rue (aujourd’hui rue des 15 fusillés), Marguerite de Lorraine (1463-1521) duchesse d’Alençon et comtesse du Perche fit construire dès 1501 son logis pour ses fréquents séjours à Mortagne.
De cette construction, intégrée au début du XVIII ème s. dans cet important hôtel particulier, on distingue l’escalier dans la tourelle octogonale et le pignon sur rue avec de beaux arrêts de rampants au bas de la chevronnière.
Sur la façade de cet imposant pignon percé de larges fenêtres modernes, on distingue la trace du départ d’une galerie en bois qui, passant au-dessus de la rue, menait à l’église collégiale de Toussaint située juste en face (actuellement ancien Palais de Justice).
Cet hôtel doit son nom à l’illustre famille Puisaye qui en fut propriétaire. Il est particulièrement attaché à la personnalité du Comte Joseph de Puisaye (1755-1827), figure majeure de la Contre-Révolution pendant la période troublée de la Révolution française. Il fut l’un des principaux chefs de la Chouannerie en Bretagne et en Normandie, et l’organisateur controversé du débarquement royaliste de Quiberon en 1795.
La ville de Mortagne-au-Perche porte le projet culturel ambitieux d’un complexe muséal moderne pour cet ensemble architectural, qui abrite actuellement le musée Alain (philosophe né à Mortagne (1868-1951).
Vincent Lebel – 2026
Christèle CADORET, céramiste
- Artisan d'Art
- Lauréat du Concours Ateliers d’Art de France Normandie 2025
- Membre des Ateliers d'Art de France
Installée à Saint-Martin-de-Boscherville en Seine-Maritime, Christèle Cadoret est une céramiste qui puise sa force dans l'observation silencieuse de la nature.
C'est dans son atelier-boutique au nom évocateur, « Le Pavillon des Terres », situé à deux pas de la majestueuse abbaye Saint-Georges, qu'elle façonne la matière pour créer un univers organique suspendu entre le végétal, le minéral et le marin.
Le geste et la matière
Pour Christèle Cadoret, la céramique est un moyen de capturer l'essence des paysages qui l'entourent. Profondément ancrée dans son territoire, elle trouve son inspiration première dans le Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande, avec ses vallées, ses falaises de craie et ses méandres fluviaux.
Son approche technique privilégie le contact charnel avec la terre : elle délaisse le tournage pour le façonnage exclusivement à la main. Cette méthode lente lui permet de « laisser les mains faire leur chemin » et d'instaurer un dialogue tactile avec ses matériaux de prédilection. Elle alterne ainsi entre le grès, travaillé pour son aspect brut, chaud et sa naturalité, et la porcelaine, qu'elle choisit pour sa blancheur immaculée, sa pureté et sa capacité unique à jouer avec la lumière.
Un voyage immobile
Les créations de Christèle Cadoret se lisent comme des invitations à un voyage immobile. Loin de chercher à copier littéralement la nature, elle s'attache à en réinventer les textures et les formes. Ses pièces évoquent tour à tour des écorces, des roches érodées par le temps ou des coquillages, explorant sans cesse la dualité entre l'univers marin et le mystère des sous-bois.
Son travail se distingue par une recherche méticuleuse sur les surfaces, créant des reliefs et des aspérités qui accrochent la lumière et invitent irrésistiblement au toucher.
Excellence et engagement durable
Le talent et la singularité de son œuvre ont été salués par la profession, notamment en 2025, année où elle est désignée Lauréate du concours Ateliers d'Art de France (Région Normandie, catégorie Création) pour sa sculpture « Coque marine ».
Au-delà de l'esthétique, son atelier « Le Pavillon des Terres » incarne une pratique responsable. Labellisé « Valeurs Parc naturel régional » et « Éco-défis », il témoigne de l'engagement de l'artisan pour une gestion respectueuse de l'environnement. Dans cet espace, elle propose une gamme variée allant de la sculpture unique aux objets miniatures poétiques, rendant l'art céramique accessible à tous.
À l'occasion de cette nouvelle édition des Journées Européennes des Métiers d'Art, Christèle Cadoret invitera le public à ralentir le rythme pour découvrir un artisanat du temps long. Elle montrera que le façonnage à la main est une école de patience, où chaque pression du doigt imprime une mémoire dans l'argile.

LE PAVILLON DES TERRES
22, route de l'Abbaye, 76840 Saint-Martin-de-Boscherville
Tél. : 06.40.46.55.30 · eMail : lepavillondesterres@gmail.com
Jean-François LEFEVRE, pendulier
Un gardien du temps à Argentan
Dans le silence de l'atelier, Jean-François Lefèvre ne répare pas simplement des objets : il redonne un battement de cœur à l'histoire et une mesure au temps. Installé à Argentan, Jean-François est l'âme de l'atelier « Le Diable au Cadran ». Maître artisan pendulier et horloger-rhabilleur, il figure parmi les rares spécialistes capables de comprendre et de soigner les mécanismes complexes des pendules anciennes, perpétuant ainsi un métier où la patience est érigée en vertu cardinale.
Un parcours sous le signe de la transmission
L'excellence de Jean-François Lefèvre s'est forgée au contact des plus grands. Bénéficiaire d'une Bourse d'encouragement aux Métiers d'Art, il a parfait son apprentissage à Paris dans l'atelier du maître Bernard Pin. De cette formation exigeante, il a retenu une leçon essentielle qui guide aujourd'hui sa main : l'horlogerie n'est pas qu'une simple affaire de technique, c'est avant tout une philosophie.
L'atelier « Le Diable au Cadran » : l'art du rhabillage
Dans son atelier, Jean-François Lefèvre pratique le « rhabillage », terme noble qui distingue le véritable artisan du simple réparateur. Cette restauration complète d'un mouvement mécanique implique une suite de gestes d'une minutie extrême. Le processus débute par un diagnostic sensible, où l'artisan écoute le mouvement pour déceler l'arythmie et comprendre l'usure du temps. S'ensuit une restauration intégrale nécessitant le démontage complet, le nettoyage, le polissage, et le « bouchonnage » pour supprimer les jeux mécaniques. Si une pièce vient à manquer, il la façonne lui-même à l'établi, sur mesure, à la main ou au tour, dans le strict respect des méthodes traditionnelles.
Des comtoises aux pendules de paris
Son expertise couvre un vaste champ, s'étendant des majestueuses Comtoises aux délicats Cartels d'alcôve Louis XV ou aux Pendules de Paris.
Lors des JEMA, Jean-François Lefèvre montrera que l'horlogerie ancienne est une mécanique durable, réparable à l'infini. Il invitera le public à découvrir la magie de ces engrenages qui, grâce à son savoir-faire, continuent de rythmer nos vies.

LE DIABLE AU CADRAN
15, rue de la Vicomté, 61200 Argentan
Tél. : 02.33.36.07.93 · eMail : jflefevre@pendulier.com
Renaud LOISY, tourneur sur bois
Avant de rencontrer le bois, j’ai passé de nombreuses années comme photographe à explorer le monde des objets, à la recherche d’une esthétique minimaliste, où chaque image était le résultat d’une quête minutieuse de l’art du sobre.
Mon travail au tour à bois s’inspire de mon expérience picturale, je sculpte des formes simples aux lignes pures dénuées de toute artifice. Ce sont des contenants, boîtes, bols, coupes qui n’ont aucune fonction utilitaire, seulement décorative et spirituelle. Pour se faire, je me suis appuyé sur les techniques d’artisanat traditionnel, fabriquant divers outils et profils de gouges pour le creusage et le profilage. Chacune de mes pièces est unique.
J’utilise différentes essences de bois local, le plus souvent vert, des bois donnés, trouvés, arbres couchés après des tempêtes… C’est seulement après le façonnage, au moment du séchage qui est un processus long et délicat, que mes pièces vont se transformer, se déformer, craquer, devenir le médium de ce qui fut et de ce sera.
C’est là, avant qu’il ne soit trop tard, que j’apporte un soin particulier aux finitions. Je « soigne » les pièces. Pour les sécuriser, je place des agrafes en laiton ou des clés en bois sur les craques et les fissures. Pour les surfaces, je les brosse, les ponce, les huile, les oxydes et les brûle parfois.
Ma démarche est spirituelle, respectueuse de la nature, je m’inscris dans l’idée du wabi-sabi japonais qui appelle à apprécier l’humble beauté des choses simples et éphémères.

Jean-Sébastien VALLÉE, sellier
L’entreprise Vallée-Sellier spécialisée dans le matériel dédié à l’équitation est installée en Normandie au cœur du Perche aux Docks Saint Marc à Rémalard, région où le cheval tient une place prépondérante depuis toujours. Jean-Sébastien Vallée y a aménagé ses ateliers de sellerie après une expérience de près de 20 ans au sein de l’atelier Selle Hermès. Fort de cette expérience, nous vous proposons des produits uniques réalisés dans les meilleurs cuirs des plus prestigieuses tanneries françaises et belges.
Toutes nos selles sont fabriquées sur mesure après visite, prise de mesure et échange avec le cavalier afin de cerner ses attentes et de lui proposer le produit le plus adapté à ses besoins. Ces visites sont effectuées par le sellier lui-même ou un Saddle-fitter agréé par l’entreprise. Les finitions, héritées de l’industrie du luxe vous garantissent l’esthétisme et la durabilité exceptionnelle d’une selle que vous aurez plaisir à utiliser, manipuler et garder de longues années.
VALLÉE SELLIER
Tél. 06.63.52.98.68
