Les artisans présents à la chapelle Saint-Joseph
Le lieu
Chapelle du pensionnat Saint-Joseph
11 rue des Tailles · 61400 Mortagne-au-Perche
Le pensionnat Saint-Joseph
Le pensionnat de filles Saint-Joseph fut une extension de l’école Cotreuil du cul-de-sac Sainte Croix « clandestinement » ouverte avec les Sœurs de la Providence de Sées (mais seulement lancée « officiellement » en 1817 par la donation de Mlle Cotreuil – juste avant sa mort – à la fois à la commune et au curé de Notre-Dame).
Déjà implantées avant la Révolution à Mortagne, les Sœurs de la Providence furent désignées comme « dames noires » par distinction avec les » dames blanches » de l’Adoration des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie ou de Picpus (arrivées en 1821 rue du Général Leclerc).
La chapelle Saint-Joseph
L’internat Saint-Joseph rue de Rouen, qui se situe dans l’ensemble scolaire Bignon, fut ouvert en 1849 par les Sœurs de la Providence, désignées par les Mortagnais comme « Dames noires » par distinction avec les « Dames blanches » de Picpus, mais la chapelle dédiée à Saint Joseph ne fut ouverte que le 5 août 1878.
Le portail de sa chapelle qui donne sur la rue des Tailles est décoré d’une « fuite en Egypte », scène représentant la sainte famille fuyant la persécution du roi Hérode, a été construite dans un style néo-gothique à la fin du XIX ème siècle.
La tribune installée au -dessus de l’entrée permettait aux pensionnaires d’assister aux offices religieux sans pouvoir sortir de l’établissement.
Parmi les pensionnaires notables de ce pensionnat, il faut noter Yvonne Vendroux (1900-1979), épouse du Général De Gaulle, qui y séjourna pendant la guerre de 14-18 fuyant avec sa famille Calais occupée par les Allemands. A l’occasion du passage à Mortagne de son époux en visite officielle le 7 juillet 1960, elle ne manqua pas de visiter son ancien pensionnat.
Vincent Lebel septembre 2023
Virginie BASSETTI, sculpteur sur cloches
- Chevalier des Arts et Lettres
Née à Caen et résidant en Basse-Normandie, Virginie Bassetti s'impose aujourd’hui comme une figure incontournable de l'art campanaire international.
Diplômée de l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne et de l'École Supérieure d'Art et de Design du Havre-Rouen, elle est aussi enseignante titulaire certifiée en arts plastiques et formatrice dans le cadre d'une communauté d'apprentissage.
La révélation de la fonderie
C’est en 1991 que Virginie Bassetti débute son parcours artistique à l'École Européenne Supérieure d'Art de Rennes où elle découvre le métal en fusion lors d'une coulée dans l'atelier de forge et de fonderie de l'enseignant Marcel DINAHET. Un premier stage à la fonderie de Villedieu-les-Poêles, en 1993, lui permettra de réaliser sa première sculpture en bronze.
Devenue salariée de l'entreprise l'année suivante, elle poursuit sa formation au moulage et à la métallurgie, apprenant le savoir-faire au sein de l'atelier. « C’est à ce moment-là que je me suis aperçue que les cloches étaient toutes les mêmes et ça m’a interpellé. » Constatant que les décors de cloches se sont standardisés et tendent à se dépersonnaliser, Virginie engage alors un travail sur l'esthétique campanaire afin de proposer des projets créatifs novateurs, respectueux de l'identité spirituelle, culturelle et esthétique des commanditaires. Pour concevoir ses projets de création, elle va se nourrir de recherches historiques, symboliques, esthétiques et philosophiques. Elle étudie aussi l'angéologie et l'angélologie.
Au fil des années, Virginie met au point une technique atypique de sculpture où chaque cloche, entièrement sculptée à la main, devient une œuvre d'art contemporaine unique, dont la symbolique esthétique invite à la réflexion spirituelle.
Une œuvre majeure : la réalisation des huit nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris.
Dès lors, tout s’enchaine. En 1998, elle réalise son premier grand projet : les cloches du carillon de la chapelle Notre-Dame de Grâce à Honfleur (Calvados). Entre 2007 et 2008, elle réalise la cloche des 300 ans de la cathédrale des Invalides de Paris, puis le carillon de douze cloches de Deauville (Calvados) et la cloche des 1 300 ans du Mont-Saint-Michel (Manche) ou encore celle de l'église de Nkouma au Cameroun. Parallèlement, elle expose ses bronzes et ses créations, notamment ses bas-relief bifaces mobiles, de Paris à Abou Dhabi.
Mais la consécration arrive en 2012, lorsqu’elle conceptualise et crée les huit cloches de la cathédrale Notre-Dame de Paris. « Parmi quatre candidats, c ’est mon projet qui a été choisi. » Les mêmes cloches sur la restauration desquelles elle interviendra après l’incendie de 2019.
Indépendance et rayonnement international
En trente années de travail, Virginie BASSETTI s’est spécialisée dans la conception et la création de sculptures en bronze et de sculptures contemporaines sur cloches. Depuis 2010, elle est sculpteur indépendant et a à cœur de transmettre son savoir-faire à des étudiants, des chercheurs ou des jeunes fondeurs, dont des fondeurs américains. Lorsqu'elle travaille avec les fondeurs, Virginie s'implique personnellement à chaque étape de la fabrication, du moulage à la coulée, jusqu'aux finitions précieuses comme le ciselage, les patines et les mordorés.
En 2015, la Ministre de la Culture Fleur PELLERIN décerne à Virginie BASSETTI le grade de chevalier des Arts et des Lettres, tenant ainsi à marquer « (…) la contribution et l'engagement de Virginie BASSETTI au service de la culture de notre pays. »
En 2024, Virginie BASSETTI est nommée « Première femme sculpteur sur cloches des États-Unis » par l'Université du Michigan, dans la Timeline « A Century of women and the Carillon. »

VIRGINIE BASSETTI
Tél. : 06.17.04.76.46 · eMail : virginie.bassetti@gmail.com
Valentin BIVILLE, fondeur d'art
La métamorphose du métal
De la fusion de la matière à l'élégance de la forme, Valentin Biville transforme le brut en précieux au cœur de la Suisse Normande.
Désormais installé à Cahan (Orne), au cœur de la Suisse Normande, Valentin Biville écrit une nouvelle page de son histoire d'artisan d'art. Fondeur et métallier d'exception, il a investi un lieu chargé de mémoire industrielle pour y déployer son savoir-faire, alliant la maîtrise du feu aux technologies de pointe.
Un Parcours forgé dans l'excellence
Originaire de la Manche, Valentin Biville a acquis une expertise rare avant de fonder son propre atelier. Son itinéraire l'a mené auprès d'institutions prestigieuses qui ont façonné son exigence : l'Atelier Bocquel (Seine-Maritime), référence incontournable de la fonderie d'art, et la Monnaie de Paris, temple de la précision. Enrichi par une expérience en Belgique, il revient en Normandie pour débuter dans l'atelier de son grand-père, avant de donner une dimension monumentale à son activité en s'installant dans l'Orne.
La Manufacture du Rocray : Un écrin Industriel
C'est sur le site emblématique de l'ancienne filature du Rocray que Valentin Biville a posé ses creusets. Dans ce cadre industriel réhabilité, rebaptisé « La Manufacture du Rocray », il dispose d'un espace adapté aux projets les plus ambitieux. Ce lieu symbolise sa démarche : transformer une friche historique en un pôle vivant de création contemporaine.
Entre geste séculaire et innovation contemporaine
Valentin Biville maîtrise le métal sous toutes ses formes, liquides ou solides. Son atelier est un laboratoire où dialoguent les époques :
- La Matière : Il travaille le bronze, le laiton, l'aluminium, mais aussi l'acier et l'inox, passant avec aisance de la fonderie d'art à la chaudronnerie fine.
- La technologie : Loin de s'enfermer dans le passé, l'atelier intègre la modélisation numérique et l'impression 3D pour concevoir des pièces complexes, tout en conservant le toucher unique de la finition manuelle (ciselure, patine).
- L'engagement : Soucieux de son impact, il développe des procédés respectueux de l'environnement, notamment le recyclage du sable de fonderie.
Un Rayonnement International
Collaborant avec des architectes et décorateurs du monde entier, Valentin Biville réalise des pièces qui s'exportent bien au-delà de la Normandie. Du mobilier d'art aux lignes sculpturales jusqu'aux escaliers monumentaux, ses ouvrages témoignent d'une parfaite maîtrise technique.

VALENTIN BIVILLE FONDEUR SARL
Ancienne usine de Bottes Le Chameau
9 chemin de fourneaux · 61430 Cahan
Tél. : 06.81.75.28.60 · eMail : mobiliermetal.vb@gmail.com
Arnaud FOUASSIER, poseur de papiers peint d'art
- Maître peintre européen
- Membre des Ateliers d’Art du Perche
Arnaud Fouassier est un artisan du bâtiment, spécialisé dans la pose de papiers peints d’exception manufacturés, historiques ou imprimés par les plus grandes maisons. Ils ne sont que quelques-uns dans le monde à exercer ce métier avec son niveau de savoir-faire.
L’installateur de papier peint d’art est bien plus qu’un simple poseur de revêtement mural : c’est un technicien chevronné, un expert des matériaux et des supports, qui maîtrise les nuances et les subtilités de chaque type de décors. Certains revêtements sont en soie, en lin ou en fibres naturelles ; d’autres sont des fresques peintes à la main ou des impressions panoramiques d’une rare finesse. Chaque pièce exige des techniques de pose que seul un professionnel aguerri peut maîtriser.
L’installation d’un papier peint d’art commence par une analyse minutieuse du support pour le préparer avec soin, en éliminant toute imperfection susceptible d’altérer le rendu final. Viennent ensuite la découpe et la pose, avec le choix d’une colle adaptée – comme la colle d’esturgeon – et l’alignement méticuleux des raccords. Les finitions manuelles, réalisées par exemple au jaune d’œuf, garantissent une continuité parfaite du décor.
Par son expertise rigoureuse et son respect des techniques traditionnelles, Arnaud Fouassier perpétue un savoir-faire d’exception, essentiel à la conservation des décors muraux historiques et à leur création contemporaine.
FOUASSIER AMENAGEMENT
6 rue Sainte Thérèse · 61000 Alençon
Tél. : 06.01.31.41.06 · eMail : arnaud.fouassier@gmail.com
Yaguel LE GALL, souffleur de verre
Installé à La Chapelle-Montligeon, Yaguel Le Gall façonne la matière en fusion avec une exigence rare. Formé à l’école de l’île de Murano, près de Venise, cet artisan de 30 ans a importé dans le Perche l’excellence du savoir-faire verrier italien. Dans son atelier, le four est le cœur battant de l’activité, maintenant une chaleur constante de 1 100 degrés indispensable pour conserver la silice dans son état idéal : une matière semblable à du miel, vivante et malléable, prête à être travaillée.
Le travail de Yaguel Le Gall est une course contre la montre, un mouvement perpétuel entre le banc de travail et le four. Héritier d’une gestuelle immuable, il manipule des outils qui ont traversé les âges, tels que les fers à trancher, inchangés depuis l’Antiquité, ou les mouillettes, ces simples journaux mouillés qui lui permettent de façonner la matière brûlante. Armé de sa canne à souffler et de ses ciseaux ronds, il étire, coupe et sculpte le verre, jouant avec la gravité et le souffle pour transformer une masse informe en une bulle d’une finesse cristalline.
L’artisan d’art excelle également dans l’art délicat de la coloration. Il plonge la matière en fusion dans des éclats de verre pilé pour lui donner ses teintes vibrantes, du rouge orangé aux transparences les plus subtiles. Mais la création ne s’arrête pas au façonnage : pour éviter le choc thermique, fatal à cette matière sensible aux écarts de température, chaque pièce doit subir une cuisson lente à 500 degrés, une nuit durant, pour assurer sa solidité.
Pour les JEMA, Yaguel Le Gall nous ouvrira les portes de cet univers fascinant. Il invitera le public à découvrir la magie de la transformation, où le souffle de l’artisan donne vie à la matière inerte. Plus qu’une démonstration, c’est une initiation à la fragilité et à la beauté du verre, rappelant que derrière chaque objet, qu’il s’agisse d’une simple boule de Noël ou d’une pièce complexe, se cachent la maîtrise du feu et la précision du geste.
Source : Vincent Guerrier – LE PERCHE

IGNIS
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