Les artisans d’art présents à l’ancien palais de Justice
Le lieu
Ancien Palais de Justice
8, place du Tribunal
Avant la Révolution, Mortagne était le siège d’un bailliage royal, une juridiction importante de l’Ancien Régime. Ce rôle judiciaire et administratif s’est maintenu après 1789, d’abord sous la forme d’un tribunal de district, puis de tribunal de première instance, et enfin de tribunal de grande instance jusqu’à sa fermeture en 2007.
L’ancien palais de justice fut édifié vers 1830 sur l’emplacement de l’ancienne collégiale de Toussaint, détruite en 1796. Cet édifice de style néoclassique, caractéristique des années 1830, se distingue par sa composition symétrique en pierre, son portail central en plein cintre, l’ordonnancement régulier de ses travées et la sobriété de sa décoration inspirée de l’Antiquité. Il repose littéralement sur un monument plus ancien : la crypte Saint-André, vaste salle gothique du XIIIᵉ siècle composée de deux nefs de quatre travées portées par de massifs piliers. Il accueille aujourd’hui les séances du conseil municipal.
Anne-Sophie LE SCOUARNEC, tapisserie d'ameublement
Petite fille des années 80, je rêvais de créer, construire, entreprendre dans un domaine où mes idées, mes émotions dialogueraient avec la matière.
En 2019, après une carrière dans le management humain et d’activités, je troque ma tablette PC contre une caisse à outils et une machine à coudre pour me former à la Tapisserie d’Ameublement entre Paris et Liffol-Le-Grand. Ce métier avec son approche globale de l’ameublement (siège, décor, mobilier, abat-jour, etc.) répond pleinement à mes attentes : un travail avec rigueur et méthode, l’apprentissage de techniques ancestrales et contemporaines, la valorisation et la restauration de l’ancien mais aussi la créativité de projets contemporains.
Tout au long de mes 4 années passées entre l’école Boulle, l’école de l’Ameublement français, divers ateliers de tapissiers et la manufacture de luxe Henryot & Cie, je croise le chemin de tapissier.e.s d’exception. Ces passeurs de savoirs me transmettent les bases du métier, les trucs et astuces, les mécanismes de réflexions. Au-delà de leurs connaissances, ils et elles instillent en moi la confiance et la conviction dans cette aventure de néo-artisane. Ce sentiment est renforcé lorsqu’en 2022, je reçois le prix coup de cœur du jury « Parcours Métiers d’Art de la région Grand-Est » pour ma création « RENCONTRES » (paravent brodé d’inspiration Art déco).
Aujourd’hui, depuis mon atelier percheron, je fais rayonner des objets & des histoires en les réinventant de manière audacieuse et avec cœur. Je redonne vie à un fauteuil désuet, habille sur mesure les fenêtres, personnalise les luminaires avec fantaisie et élégance.
A travers mes activités d’artisane – de bénévole à l’association l’Outil en Main du Pays Bellêmois* ou tout simplement en tant que curieuse, j’aime apprendre – créer des liens et partager mon expérience.
*Association d’artisans bénévoles visant à faire découvrir aux jeunes les métiers manuels, de l’artisanat et du patrimoine.

©Sophiek.photographe
ATELIER ANNE-SOPHIE LESCOUARNEC
Préaux-du-Perche, 61340 Perche-en-Nocé
Mathieu VATH, ébéniste restaurateur
Installé à Sablons-sur-Huisne (Condé-sur-Huisne), Mathieu Vath incarne une vision exigeante et éthique de l’ébénisterie. Passionné par le patrimoine, il considère que chaque meuble qui entre dans son atelier est un témoin de l’histoire qu’il a la responsabilité de transmettre. Pour lui, la sauvegarde des objets d’hier est la condition sine qua non de notre culture de demain.
La maîtrise des techniques anciennes
L’expertise de Mathieu Vath repose sur une connaissance encyclopédique des styles et une maîtrise parfaite des gestes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Se définissant davantage comme un passeur de mémoire que comme un simple artisan, il applique une déontologie stricte de conservation-restauration. La réversibilité est pour lui la règle d’or : il utilise exclusivement de simples colles animales (os, nerfs, peau), garantissant que toute intervention pourra être retirée sans dommage par un restaurateur dans un siècle ou deux. De même, il s’attache au respect de la patine ; il ne s’agit pas de rendre le meuble « neuf », mais de lui rendre sa santé tout en conservant les traces de son vécu, ce supplément d’âme qui fait sa valeur.
L’excellence du vernis au tampon
Dans le silence de l’atelier, Mathieu Vath perpétue des techniques de finition en voie de disparition, notamment le poli Roubo et le véritable vernis au tampon. Loin des vernis synthétiques modernes, cette méthode traditionnelle demande une patience infinie. Elle consiste à appliquer, à la main et au tampon, des centaines de couches fines de gomme-laque. Le résultat offre une transparence, une profondeur et un « brillant miroir » inimitables, révélant la loupe de noyer ou le frisage d’acajou dans toute sa splendeur.
Créer les antiquités de demain
Si la restauration occupe l’essentiel de son temps, Mathieu Vath réalise occasionnellement des pièces de création. Il aborde ces projets rares avec la même intransigeance que ses restaurations. Il conçoit ces meubles contemporains comme les « antiquités de demain » : des pièces massives, assemblées traditionnellement (tenons, mortaises, queues d’aronde), sans aucun artifice moderne qui pourrait compromettre leur longévité. Pour lui, créer aujourd’hui avec les techniques d’hier, c’est offrir un futur durable à l’ébénisterie d’art.
Au cœur des JEMA
Pour les JEMA, Mathieu Vath accueillera le public et montrera que son métier est une science autant qu’un art. Il expliquera pourquoi la lenteur est nécessaire à la qualité et comment, par son intervention précise, il permet à l’histoire de continuer à s’écrire.

©Mathieu Lacroix
ATELIER MATHIEU VATH
2, Rue Michel Meillant, 61110 Sablons-sur-Huisne
Tél. : 06.70.25.05.22